Cordon bleu

Publié le par la.maman.oiseau

Bonjour les gens.

 

S'il est quelque chose à laquelle je ne voulais pas – voire même ne pouvais pas – transiger pendant la grossesse, c'était la présence de Papa Oiseau à l'accouchement. Les mecs qui préfèrent ne pas venir parce qu'ils ne le sentent pas trop, je trouve ça un peu fort de café. Et si moi, en fin de grossesse, tout d'un coup, je ne l'avais plus senti du tout. Je faisais quoi ? Pas le choix, quand la machine est lancée, on ne peut plus revenir en arrière. Faire acte de présence, soutenir sa femme, aider son enfant à naître, c'est la moindre des choses que peuvent faire les hommes. Le minimum syndical. Avec Papa Oiseau, on était bien d'accord sur ce point. Pas de problème dans la théorie. Mais dans la pratique, c'était une autre paire de manches. Bah ouais, Papa Oiseau, déjà pas très à l'aise avec le milieu médical (je ne détaillerai pas, pour lui éviter une humiliation en règle), manquait de tourner de l'œil dès qu'on évoquait la possibilité qu'il coupe le cordon. Une vraie peur bleue.

En début de grossesse, l'accouchement a bien sûr été vaguement évoqué. Pas en bien. Papa Oiseau était plutôt effrayé par la situation. Je le comprends, cela dit. Pas évident de voir sa femme souffrir, pas évident d'attendre des heures sans pouvoir rien faire pour aider, être d'une quelconque utilité, pas évident de gérer les angoisses du pire qui pourrait arriver.

Pas gagné quoi…

Mais bon, le temps faisant son petit bonhomme de chemin, la grossesse durant neuf mois, le discours et les appréhensions ont changé.

À deux semaines du terme, Papa Oiseau n'avait plus qu'une idée en tête : couper le cordon. Pourtant c'était pas un truc très important pour moi, voire totalement inutile. Je n'ai jamais trop compris pourquoi c'était aux papas de couper ce fil qui relie l'enfant à sa mère. Outre la symbolique un peu étrange du geste, ce n'est pas forcément le moment où l'on trouve son mec le plus courageux de la Terre.

Non, mon mec à moi, je l'ai trouvé fort et d'un réel soutien pendant toutes les longues heures de pré-travail, passée tous les deux à la maison. Je l'ai trouvé présent et discret, tout juste comme il fallait, pendant les heures douloureuses du vrai travail à la maternité. Et puis c'est en lui que j'ai trouvé la force de pousser. En sa voix, en ses yeux, en ses mains. C'est vraiment avec et grâce à lui (dans une certaine mesure, on est d'accord) que je suis parvenue à faire naître notre fille. Je me suis sentie en parfaite sécurité, le sachant là, près de moi. Et puis je l'ai senti bouleversé, violemment ému. Bien plus que moi qui, concentrée dans ma tâche à accomplir, n'ai pas libéré les émotions. C'est ce bouleversement en lui qui donne aujourd'hui tout son sens et toute sa beauté à cet accouchement. Sans Papa Oiseau, je ne me serais pas sentie capable, je n'aurais pas pu.

Alors, même si c'est un infime effort à faire que de se rendre à la naissance de son enfant, je reste persuadée que ça change tout. Vraiment tout. Et je ne remercierais jamais Papa Oiseau pour cette journée-là. Pour avoir coupé le cordon par contre, moi je m'en fiche, mais lui en est très fier. Qu'il le soit, après tout…

 

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Publié dans Papa Oiseau

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Aubergine(divine) 30/03/2011 12:51


tu te laisseras aller pour deux si jamais un petit frère ou une petite soeur pointe son nez :-)


la.maman.oiseau 30/03/2011 15:04



j'espère bien !



Aubergine(divine) 30/03/2011 11:48


12h et 8h de pré-travail ou le col voulait pas s'ouvrir mais les contractions elles étaient bien là. C'était long mais pas douloureux, encore une fois j'aurais pu re-mettre ça le lendemain, ce dont
je me souviens aussi c'est l'émotion que j'ai vécu lorsque je l'ai attrapé et l'odeur de la vie qu'un bébé a. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, Monsieur Aubergine s'est retenu, et comme
toi j'ai la chair de poule en y repensant, c'était un moment magique qu'on a vécu ensemble, on était si heureux. On l'est toujours tu m'diras !


la.maman.oiseau 30/03/2011 12:32



Toi tu l'as eu l'émotion sur le moment. J'aurais tellement aimé me laisser aller. Mais impossible, peut-être la fatigue. Le vide après un moment si intense.



Aubergine(divine) 30/03/2011 11:34


C'est un beau récit ! Un beau témoignage partagé. Comme toi je n'aurais pas pu accoucher sans l'aide de monsieur Aubergine (enfin si parce que au bout d'un moment y'a plus le choix faut tout sortir
mais ça n'aurait pas été pareil) il était près de moi calme et détendu. J'ai passé 12h en travail
(ouais ma fille aime bien prendre son temps) et il est resté à côté calme, sans trop me toucher, sans trop me parler. Au moment de l'arrivée c'est sa voix aussi que j'entendais pour m'aider, il a
voulu aller voir sa fille arriver mais s'est retenu par peur d'être choqué, il n'a pas pu couper le cordon car ma fille est née avec le cordon autour du cou. Mais je suis sûre qu accoucher n est
pas une affaire de femme, mais une affaire de couple, une affaire d'équipe !


la.maman.oiseau 30/03/2011 11:39



12 heures c'est la moyenne, non ? Moi j'ai eu un long pré-travail, mais très gérable à la maison (2 jours), puis un travail rapide à la maternité : 6 heures. Ma fille était déjà engagée avant
même que les contractions ne commencent, donc une fois le vrai travail lancé, pas eu le temps de traîner ! Moi ce qui m'a sidéré, ce n'était pas le calme de Papa Oiseau (il l'était aussi je
crois), c'était vraiment cette émotion. Quand j'y repense ça me file la chair de poule !



Maman sur Terre 29/03/2011 22:38


Moi il était pas question qu'il loupe l'accouchement et pour lui non plus. Il a été là, il a tout vu et il s'est pas senti mal une seule fois. Le cordon j'm'en foutais. Il l'a coupé car la SF lui a
dit d'le faire voilà.
En tout cas c'était mort, j'accouchais pas sans lui !


la.maman.oiseau 30/03/2011 09:30



On s'entend bien là-dessus. Manquerait plus qu'ils se sentent mal, non mais. Genre, nous on se sentait bien peut-être ?



Laurette 29/03/2011 18:49


Pour moi également, sa présence comptera énormément. Je présume que je vais pas mal me retrouver "dans ma bulle", connaissant mon tempérament et ma manière de gérer la douleur, mais je sais
d'avance que son regard me portera, même s'il ne me parle pas, même s'il se contente de masser mon dos en soufflant avec moi, ce bébé on le fera naître à deux ! (j'avais déjà été surprise et émue
de son implication au cours de prépa sur l'expulsion !) En revanche, couper le cordon, il le fera s'il le veut mais pour l'instant il est pas chaud du tout, et pour moi ça n'a aucune importance, en
plus c'est quand même bien dégueu un cordon ! Je ne suis pas non plus fan de la symbolique qu'on y met, comme si la place du papa se jouait à ce moment-là, alors qu'il y a tellement d'autres choses
hautement plus importantes (et pas si simples qu'un coup de ciseaux) qui positionnent un papa dans la relation parents-bébé... Cela dit, je comprends que ça soit important pour certains papas,
surtout qu'on insiste bien dessus, un peu comme LE moment à ne pas rater pour eux !!


la.maman.oiseau 29/03/2011 21:03



Papa Oiseau ne regrette pas du tout avoir été là, au contraire. C'est le moment le plus fort de sa vie. Couper le cordon, c'est anecdotique. La présence avant, elle, compte beaucoup plus.